Le Fonds africain de développement (FAD) renforce la sécurité sanitaire en Afrique australe. Le 3 mars 2026 à Abidjan, le Conseil d’administration a approuvé un don de 9,57 millions de dollars pour lancer le « Projet de systèmes de santé résilients pour la préparation aux situations d’urgence » au sein de la SADC.
Ce soutien financier majeur du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) vise à armer la région contre les futures crises de santé publique et les défis nutritionnels.
Un plan massif de formation et d’expertise (Focus Genre)
Le projet mise avant tout sur le capital humain pour transformer la réponse aux urgences. Il prévoit de former 449 agents (laborantins, agents de santé communautaires et formateurs), avec une priorité forte accordée aux femmes (60 % des effectifs).
Les axes de formation intègrent des concepts modernes et cruciaux :
-
Approche « Une seule santé » (One Health) : Pour mieux gérer les liens entre santé humaine, animale et environnementale.
-
Résilience climatique : Adapter les soins aux catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes.
-
Expertise en nutrition : Création d’un vivier régional de 240 experts certifiés par an pour répondre aux crises alimentaires et aux problématiques de genre en situation d’urgence.
Modernisation des laboratoires et surveillance transfrontalière
L’infrastructure est le second pilier de ce don. Le projet finance la rénovation et l’équipement de laboratoires de pointe dans six pays de la SADC :
-
Mozambique : Modernisation de l’Instituto Nacional de Saúde pour en faire un laboratoire régional de référence.
-
Lesotho : Soutien stratégique à la banque de sang nationale.
-
Surveillance environnementale : Mise en place de systèmes de surveillance des eaux usées pour détecter précocement les épidémies.
-
Mobilité : Déploiement de laboratoires transfrontaliers mobiles aux points frontaliers stratégiques entre le Mozambique et le Zimbabwe.
Lutter contre la fragilité des systèmes de santé
Pour Kennedy Mbekeani, directeur général de la BAD pour l’Afrique de l’Est, cette intervention est une réponse directe aux vulnérabilités persistantes de la région, telles que les épidémies de choléra, les risques zoonotiques et les taux élevés de malnutrition.
« La formation du personnel améliore sa capacité à prévenir, détecter et répondre aux urgences liées à la santé publique et au changement climatique », souligne-t-il.
En renforçant la surveillance aux frontières et la capacité de diagnostic, la SADC se dote d’un bouclier sanitaire capable de protéger durablement plus de 300 millions de citoyens.












