NJ Ayuk : Le gaz naturel, moteur de la croissance pour 2026

Énergie en Afrique : Le gaz naturel, moteur de la croissance pour 2026

L’Afrique n’est plus seulement un réservoir de ressources pour le reste du monde. Selon le dernier rapport « State of African Energy: 2026 Outlook » de la Chambre africaine de l’énergie (AEC), le continent opère un virage stratégique : transformer son gaz naturel en moteur de croissance domestique et de souveraineté énergétique.

NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, souligne que cette transition vers des marchés nationaux centrés sur le gaz est l’étape essentielle pour garantir l’autonomie du continent.

L’Angola : De l’exportation de GNL à l’industrialisation nationale

Longtemps dépendante du pétrole, l’Angola réinvente son modèle énergétique. Grâce à l’usine Angola LNG et au projet Sanha Lean Gas lancé en décembre 2024, le pays valorise désormais le gaz associé autrefois brûlé.

Les piliers de la renaissance gazière angolaise :

  • Nouveaux gisements : Développement de gisements de gaz non associé dans le bassin du Bas-Congo et le bassin de Kwanza (Projet Kaminho prévu pour 2028).

  • Électricité et Industrie : La centrale de Soyo (750 MW) stabilise déjà le réseau national. D’ici 2030, l’Angola prévoit de devenir un hub pétrochimique avec des usines d’ammoniac et de méthanol.

  • Infrastructures : Un réseau de gazoducs en expansion pour relier les sites de production à Luanda et Soyo.

Mauritanie et Sénégal : Le succès du projet GTA

L’année 2025 a marqué l’entrée historique de la Mauritanie et du Sénégal dans le club des exportateurs de GNL grâce au projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA).

Ce projet transfrontalier ne se limite pas à l’exportation. Il prévoit de livrer environ 35 millions de pieds cubes de gaz par jour à chaque pays pour alimenter des centrales électriques (comme celle de Saint-Louis au Sénégal prévue pour 2026) et électrifier près de 500 000 foyers.

Le gaz : Le combustible de transition idéal pour l’Afrique

Le rapport de l’AEC est catégorique : le gaz naturel est le partenaire indispensable des énergies renouvelables.

  • Production massive : En 2025, la production brute de gaz en Afrique devrait atteindre 331 milliards de mètres cubes (bcm).

  • Équilibre du réseau : Le gaz pallie l’intermittence du solaire et de l’éolien.

  • Vision 2050 : La capacité électrique issue du gaz devrait augmenter de 77 GW sur le continent d’ici 2050.

Vers un marché unique africain de l’électricité

L’intégration régionale via les pools énergétiques (SAPP, WAPP, EAPP, CAPP, NAPP) est la clé pour relier les pays producteurs aux nations importatrices. L’objectif ultime ? Un marché unique de l’électricité à l’échelle continentale d’ici 2040, permettant à chaque Africain d’accéder à une énergie fiable et abordable.

« Le gaz naturel est un catalyseur de la prospérité africaine, et pas seulement une marchandise. Il garantit qu’aucun Africain ne soit laissé dans l’obscurité durant la transition énergétique. »NJ Ayuk.

You might also like