Le paysage énergétique mondial prend un tournant multipolaire. La Chambre africaine de l’énergie (AEC) a officialisé, la semaine dernière à Caracas, la signature d’un protocole d’accord (MoU) stratégique avec le ministère vénézuélien des Hydrocarbures et la compagnie nationale PDVSA.
Ce partenariat ne se veut pas symbolique : il instaure un cadre de travail rigoureux pour transformer les ressources en opportunités concrètes sur toute la chaîne de valeur des hydrocarbures.
Un plan d’action de 12 mois pour booster l’investissement
Loin des simples déclarations d’intention, cet accord active un groupe de travail conjoint chargé de piloter une feuille de route sur un an. L’objectif est clair : accélérer la réhabilitation des infrastructures et fluidifier les capitaux entre l’Afrique et l’Amérique latine.
Les priorités stratégiques du partenariat :
-
Réhabilitation des champs matures : Focus sur la ceinture de l’Orénoque (Faja del Orinoco).
-
Modernisation du raffinage : Remise à niveau des complexes de Paraguaná et El Palito.
-
Développement du gaz : Commercialisation des vastes ressources gazières vénézuéliennes.
-
Commerce Sud-Sud : Flux structurés de GPL et de bitume vers les marchés africains pour répondre aux besoins d’urbanisation du continent.
L’expertise africaine au service des réserves vénézuéliennes
Avec environ 300 milliards de barils de réserves, le Venezuela offre un terrain d’expansion inédit pour les opérateurs africains. L’AEC encourage activement les entreprises du continent, expertes en pétrole lourd et en eaux profondes, à conclure des contrats de partage de production et des coentreprises.
« Ce protocole d’accord n’est pas un accord symbolique, mais un cadre de travail qui aligne l’Afrique et le Venezuela autour de priorités concrètes en matière d’investissement, de commerce et de formation », a affirmé NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
Formation et capital humain : Le pilier durable
Le partenariat dépasse le cadre purement commercial pour s’ancrer dans le développement des compétences. Des accords avec l’Universidad Venezolana de los Hidrocarburos permettront aux ingénieurs et cadres africains de bénéficier de formations techniques de pointe.
Cette coopération académique vise à renforcer les capacités réglementaires et opérationnelles nécessaires pour assurer une souveraineté énergétique durable dans les deux régions.
De Caracas vers l’African Energy Week (AEW)
Les jalons posés à Caracas seront au cœur des discussions de la prochaine African Energy Week (AEW) au Cap. Cette mission de l’AEC marque une étape décisive dans la diplomatie énergétique africaine, prouvant que le continent est désormais un acteur capable de structurer des corridors commerciaux mondiaux indépendants des schémas traditionnels Nord-Sud.












