Un tournant historique pour la souveraineté financière du continent. Le 14 février 2026, en marge du 39e Sommet de l’Union africaine, les Chefs d’État et de gouvernement ont officiellement lancé le Mécanisme de financement des infrastructures africaines (AIFF).
Cette plateforme inédite, pilotée par l’Afrique, vise à briser la dépendance aux systèmes financiers extérieurs pour accélérer les projets transfrontaliers prioritaires.
Combler un déficit de 221 milliards de dollars par an
L’Afrique fait face à un défi colossal : un manque de financement pour ses infrastructures estimé à 221 milliards de dollars par an jusqu’en 2030. L’AIFF a été conçu pour répondre à ce besoin en corrigeant le décalage entre les décisions politiques et l’exécution financière.
« L’Afrique dispose de réserves de capitaux nationaux dépassant 2 500 milliards de dollars. Le défi n’est pas la disponibilité, mais le déploiement intentionnel vers l’industrialisation et l’emploi », a martelé John Dramani Mahama, Président du Ghana et Champion des institutions financières de l’UA.
L’AIFF : Un levier contre la fragmentation des marchés
Le mécanisme, fruit d’un accord entre l’AUDA-NEPAD et l’Alliance des Institutions Financières Multilatérales Africaines (AAMFI), s’attaque aux freins structurels :
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Préparation des projets : Financer les phases critiques en amont pour rendre les projets « bancables ».
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Mutualisation des risques : Utiliser les bilans combinés des institutions africaines (plus de 70 milliards de dollars) pour rassurer les investisseurs.
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Souveraineté décisionnelle : Réduire la dépendance aux notations de risque extérieures qui pénalisent souvent injustement les projets africains.
Un front uni des institutions financières africaines
Les dirigeants de l’Afreximbank, de l’Africa Finance Corporation et d’Africa Re ont souligné que l’AIFF transforme des interventions autrefois fragmentées en un système cohérent. Selon le Dr George Elombi (Afreximbank), le mécanisme permet enfin d’aligner la préparation technique sur les exigences des capitaux à long terme.
Vers un Fonds Monétaire Africain (FMA)
En signe de cette dynamique d’intégration, la cérémonie s’est conclue par un geste symbolique fort : le dépôt par la République du Cameroun de l’instrument de ratification pour la création du Fonds Monétaire Africain (FMA). Cette institution sera la pierre angulaire de la stabilité macroéconomique et de la coopération monétaire sur le continent.












