Après plusieurs années de stress hydrique, le Maroc enregistre une amélioration historique de la situation de ses ressources en eau. Au mardi 10 février 2026, les barrages du Royaume affichent un taux de remplissage global de 68,5 %, avec des réserves atteignant 11,4 milliards de mètres cubes, soit une hausse spectaculaire de 147 % par rapport à la même période de l’année précédente. Un niveau jamais atteint depuis 2018, qui marque un tournant majeur après sept années consécutives de sécheresse.
Une reprise hydrique portée par une saison pluvieuse favorable
Cette évolution positive s’explique par l’accumulation progressive des apports hydriques depuis le début de la saison pluvieuse, permettant un renforcement significatif des réserves nationales. Les grands bassins structurants, mais aussi plusieurs bassins intermédiaires, ont bénéficié de cette dynamique, entraînant une hausse généralisée des taux de remplissage, malgré des disparités régionales persistantes.
Sebou, Loukkos et Bouregreg en tête des bassins les plus performants
Les bassins du Sebou, du Loukkos et du Bouregreg tirent clairement les indicateurs nationaux vers le haut.
Le Sebou demeure le premier bassin en volume mobilisé, avec un taux de remplissage dépassant 90 %, soutenu par les barrages stratégiques Al Wahda, Idriss Ier et Allal El Fassi, essentiels pour l’eau potable et l’irrigation.
Dans le Loukkos, le taux dépasse 93 %, avec plusieurs barrages proches ou à pleine capacité, confirmant le nord du Royaume comme l’une des régions les mieux dotées en eau cette saison.
Le Bouregreg suit la même tendance avec un taux supérieur à 92 %. Le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah garantit ainsi des réserves confortables pour l’alimentation en eau de l’axe Rabat–Salé–Casablanca.
Tensift et Oum Er-Rbia : une amélioration notable
Longtemps confronté à un fort stress hydrique, le bassin du Tensift affiche désormais un taux de remplissage supérieur à 82 %, assurant une meilleure sécurité pour les usages agricoles et urbains.
Le bassin d’Oum Er-Rbia, quant à lui, atteint plus de 41 %. Bien que ce niveau reste inférieur à celui des bassins du nord, la progression est jugée significative, notamment grâce aux barrages Ahmed El Hansali, Moulay Youssef et Bin El Ouidane.
Moulouya et Souss-Massa : des situations contrastées mais en amélioration
À l’est, le bassin de la Moulouya enregistre un taux proche de 56 %, traduisant une amélioration sensible par rapport à l’an dernier.
Le Souss-Massa dépasse les 54 %, soutenu par certains barrages bien remplis, même si la pression agricole élevée continue de peser sur les réserves.
Sud et Sud-Est : une progression prudente
Dans les régions du Guir-Ziz-Rhéris et du Drâa-Oued Noun, les taux de remplissage atteignent respectivement 60 % et 33 %. Ces chiffres témoignent d’une amélioration progressive dans des zones structurellement arides, où les réserves restent toutefois plus limitées.
Une embellie à consolider par une gestion durable
Avec un niveau global inédit depuis 2018, les barrages marocains retrouvent une marge de manœuvre stratégique pour la gestion de l’eau. Cette amélioration, aussi encourageante soit-elle, demeure étroitement liée à la poursuite d’une gestion prudente, rationnelle et durable de la ressource, afin de répondre aux besoins structurels du pays et de faire face aux aléas climatiques futurs.











