Alors que l’Afrique se positionne comme le nouveau moteur énergétique mondial, une tendance préoccupante émerge : la délocalisation des débats stratégiques vers l’Europe et l’exclusion systématique des professionnels africains par certains organisateurs. La Chambre Africaine de l’Énergie (AEC) tire la sonnette d’alarme et appelle à une réciprocité réelle dans les partenariats énergétiques.
Le « Black-out » des talents : L’AEC dénonce les pratiques de Frontier Energy
La Chambre Africaine de l’Énergie pointe du doigt des organisations comme Frontier Energy Network. Tout en organisant l’« Africa Energy Summit » à Londres, cette entité est accusée de ne pas intégrer de professionnels noirs dans ses instances dirigeantes.
« Le contenu local ne commence pas au puits de pétrole, mais par le choix des personnes que l’on embauche et que l’on autonomise », déclare NJ Ayuk, Président exécutif de l’AEC.
Pour l’AEC, il est inacceptable que des plateformes tirant profit des ressources africaines refusent obstinément de recruter des talents locaux qualifiés.
Réussir en Afrique : Le modèle vertueux de DMG Events et de l’AEW
Contrairement à ce modèle d’exclusion, d’autres acteurs mondiaux prouvent que l’excellence internationale est compatible avec l’ancrage local.
-
DMG Events : Organisateur de l’Egypt Energy Show, l’entreprise donne la priorité aux cadres africains dans le développement de contenu et la logistique.
-
African Energy Week (AEW) : Organisée au Cap, l’AEW est devenue le plus grand rassemblement énergétique du continent. Elle prouve que l’Afrique peut diriger son propre récit sans l’externaliser.
-
Forum des PDG africains (Kigali) : Un exemple de leadership du secteur privé où les décisions concernant l’Afrique sont prises en Afrique.
« Hire Baby Hire » : L’appel de NJ Ayuk à l’industrie pétrolière
L’AEC, qui plaide constamment pour l’amélioration des conditions fiscales et réglementaires en faveur des investisseurs internationaux, exige désormais un retour sur investissement humain pour le continent.
Les points clés de l’exigence de l’AEC :
-
Ancrage territorial : Les discussions sur l’énergie africaine doivent se tenir sur le sol africain.
-
Emploi local : Passer du slogan à l’acte en recrutant des femmes et des hommes noirs qualifiés à des postes de direction.
-
Souveraineté narrative : Cesser de traiter l’Afrique comme un simple sujet d’étude pour la considérer comme un leader.
Vers un boycott des événements discriminatoires ?
NJ Ayuk avertit les compagnies pétrolières et gazières : le soutien de l’AEC aux réformes pro-investisseurs est lié au respect des valeurs de diversité et d’inclusion.
« Si Frontier Energy Network ne s’engage pas à embaucher des Noirs, nous nous réservons le droit de faire pression sur les gouvernements et le secteur privé pour qu’ils ne participent plus à leurs événements », conclut-il.












