La transition énergétique africaine offre des opportunités

La transition énergétique africaine offre des opportunités

Alors que l’Afrique abrite 19 % de la population mondiale, elle ne contribue qu’à moins de 5 % des émissions mondiales de CO2. Pourtant, le continent se retrouve au cœur des débats sur le Net-Zero. Selon NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie, l’Afrique ne doit pas simplement subir la transition, mais la mener selon ses propres besoins.

Le nouveau rapport State of African Energy: 2026 Outlook Report démontre que le continent possède les ressources nécessaires pour devenir le moteur de la décarbonisation mondiale, à condition de moderniser ses infrastructures.

L’Hydrogène Vert : L’Afrique, futur exportateur vers l’Europe

D’ici 2035, l’Afrique pourrait produire plus de 9 millions de tonnes d’hydrogène vert par an. Grâce à son ensoleillement exceptionnel et ses zones éoliennes, le continent attire des projets colossaux :

  • Namibie : Le projet Hyphen (10 milliards $) vise 300 000 tonnes par an pour l’exportation.

  • Afrique du Sud : Le projet Coega prévoit 1,2 million de tonnes d’ammoniac vert par an.

  • Mauritanie & Égypte : Des mégaprojets (Nour, Aman) et des hubs logistiques dans la zone du canal de Suez (SCEZ) se concrétisent.

  • Maroc : Leader stratégique, le pays prépare déjà ses infrastructures portuaires pour alimenter le marché européen.

Minéraux critiques : Le trésor stratégique du continent

La demande mondiale en minéraux essentiels (cobalt, lithium, cuivre) devrait quintupler d’ici 2035. L’Afrique détient les gisements les plus riches, essentiels aux batteries et technologies propres :

  • RDC : Premier producteur mondial de cobalt et deuxième de cuivre.

  • Zimbabwe : Un acteur clé du lithium, avec une politique ferme d’interdiction d’exportation de minerai brut pour favoriser la transformation locale.

  • Mali, Ghana et Namibie : Une production de lithium en hausse de 150 % prévue d’ici 2030.

Les 3 piliers pour libérer le potentiel africain

Pour NJ Ayuk, le succès ne dépend pas seulement de l’extraction, mais de la capacité du continent à remonter la chaîne de valeur :

  1. Cadres réglementaires stables : La transparence est cruciale pour attirer les investissements massifs dans le raffinage.

  2. Coopération régionale : Mutualiser les infrastructures (chemins de fer, réseaux électriques) pour surmonter la fragmentation des marchés.

  3. Transfert de technologies : Former la main-d’œuvre locale pour assurer l’indépendance technique du continent.

« L’Afrique peut sortir ses nations de la pauvreté énergétique tout en devenant un acteur central du climat mondial, si nous investissons dans nos propres infrastructures », affirme NJ Ayuk.

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