Le Venezuela entame l’année 2026 dans une tourmente politique sans précédent après l’arrestation de son président par les États-Unis. Face à cette crise, la Cour suprême a nommé Delcy Rodríguez présidente par intérim. Dans ce contexte de haute tension, la Chambre Africaine de l’Énergie (AEC) tire la sonnette d’alarme : la stabilité institutionnelle est l’unique voie pour sauver l’économie et le secteur énergétique du pays.
Un appel à l’unité des pays du Sud Global
Pour l’AEC, le maintien de la continuité étatique est vital. NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre, exhorte les dirigeants africains et les pays du Sud à soutenir la présidente par intérim Rodríguez.
« Le moment est venu de continuer à encourager l’investissement au Venezuela. Nous appelons les pays du Sud à soutenir la présidente par intérim et le peuple vénézuélien dans la détermination de leur souveraineté », a déclaré NJ Ayuk.
Ce soutien s’appuie sur des relations historiques solides : Delcy Rodríguez, également ministre du Pétrole, a toujours défendu le droit des nations africaines à exploiter leurs ressources pour le développement social.
Le pétrole : Pilier de la reconstruction vénézuélienne
Malgré l’instabilité, le Venezuela demeure une puissance énergétique incontournable avec 303 milliards de barils de réserves prouvées, soit 17 % des ressources mondiales. Les chiffres clés du secteur en 2026 soulignent l’ampleur du défi :
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Production actuelle : Entre 900 000 et 1,1 million de barils par jour (bpj).
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Potentiel à 10 ans : 2,5 millions bpj moyennant un investissement de 10 milliards de dollars par an.
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Impact économique : Les hydrocarbures représentent encore 90 % des recettes d’exportation du pays.
Les zones stratégiques : Orénoque et gaz offshore
La reprise économique dépendra de la réhabilitation de la ceinture pétrolière de l’Orénoque, qui concentre 90 % des réserves. L’AEC souligne également l’opportunité majeure du gaz naturel offshore, avec des projets comme le champ Dragon (4 000 milliards de pieds cubes), essentiels pour diversifier l’économie et alimenter les marchés régionaux de GNL.
Un besoin massif d’investissements et de partenariats
Pour retrouver sa gloire passée, le système de raffinage vénézuélien (actuellement à 10-20 % de sa capacité) nécessite une modernisation estimée à 58 milliards de dollars.
L’implication d’acteurs internationaux reste cruciale. La présence continue d’entreprises comme Chevron (250 000 bpj), Eni, Repsol ou encore les géants des services pétroliers SLB et Baker Hughes, démontre que le réengagement de l’industrie mondiale est possible sous réserve de cadres contractuels transparents et mutuellement avantageux.
Conclusion : La leçon africaine pour le Venezuela
Pour l’AEC, l’expérience africaine montre que la stabilité est le préalable à tout développement. En gérant ses hydrocarbures de manière responsable, le Venezuela peut transformer ses ressources en un outil de progrès social et d’industrialisation, sortant ainsi de la crise par le haut.












