Le paysage médiatique guinéen est secoué par une décision radicale. Ce dimanche 22 décembre 2025, la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a ordonné la suspension de la chaîne Africa 24, invoquant un « exercice illégal » sur le territoire national en pleine campagne présidentielle.
Des accusations de couverture illégale réfutées par Africa 24
La HAC reproche à la chaîne panafricaine de couvrir l’élection présidentielle guinéenne sans accréditation préalable. Une affirmation que la direction du Groupe Africa 24 rejette fermement, qualifiant la mesure d’action abusive basée sur de fausses allégations.
Dans un communiqué officiel, le média précise qu’aucun de ses membres n’est présent sur le sol guinéen depuis le 14 décembre 2025. Le groupe souligne n’avoir déployé aucune ressource humaine ou technique pour la couverture de la campagne, précisément pour respecter les délais d’accréditation fixés par la HAC.
Des contenus issus d’archives et de sources numériques
Pour justifier sa décision, la HAC évoque des « rapports de monitoring » constatant la diffusion de reportages réalisés localement. Africa 24 apporte une réponse technique claire :
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Les images diffusées proviennent quasi exclusivement des services vidéo des candidats, transmis par voie numérique.
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Le reste des contenus s’appuie sur des archives de production et des images d’illustration.
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Les entretiens réalisés avec des personnalités (dont le Premier ministre Amadou Oury Bah) ont eu lieu entre le 9 et le 13 décembre, avant la période obligatoire d’accréditation.
Absence de lien juridique et conformité réglementaire
Africa 24 rappelle qu’elle ne possède ni infrastructure, ni entité juridique en Guinée, ce qui rend l’accusation d’« exercice illégal » juridiquement infondée. Malgré cette situation, l’agence partenaire ANA avait déposé une demande d’accréditation le 19 décembre pour un journaliste indépendant, restée sans réponse de la part de la HAC.
Un média engagé pour l’Afrique malgré la censure
Accessible à 120 millions de foyers, Africa 24 réaffirme son respect pour les institutions régulatrices mais déplore être une « victime collatérale » d’enjeux internes guinéens.
Le groupe a décidé de ne pas attaquer la décision devant la Cour Suprême afin d’éviter toute polémique en cette période électorale cruciale. Fidèle à ses valeurs, Africa 24 continue de diffuser ses programmes en direct et en replay sur sa plateforme myafrica24 et sur son site officiel, restant une vitrine majeure de la démocratie sur le continent.












